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My French brioche in Madrid – part 1

Nous sommes à Madrid depuis début septembre maintenant, ce n’était pas vraiment prévu mais nous y sommes et je vais vous raconter tout ça, ça va être un peu long, alors je vous propose de vous installer confortablement, de faire chauffer de l’eau pour un thé ou un café.

On risque d’avoir un peu faim, ne vous inquiétez pas, je vous propose de la brioche maison !

Nous avons réussi à déménager en 60 jours Top chrono, car oui nous avons appris notre envol en juin. Nous sommes partis en vacances en ne changeant presque rien aux plans initiaux mais en nous assurant tout de même d’une place au Lycée Français de Madrid pour N°1 et N°2. Miracle !

Madrid nous sommes prêts ! Enfin nous pensions …
Ah oui, on ne parle pas un mot d’espagnol, pas encore !

Liste de courses pour la pâte à brioche

  • 600 g de farine T45
  • 2 œufs
  • 75 g de beurre pommade (mou)
  • 100 g de sucre semoule
  • 230 g de lait tiède
  • 10 g de levure boulangère

Liste de courses pour la garniture

  • 10 g de cannelle
  • 120 g de sucre cassonade
  • 80 g de beurre fondu
  • 1 poignée de raisins secs
  • 1 poignées de pépites de chocolat
  • 1 jaune d’œuf

 

Au préalable, vous devez sortir le beurre et mettre le lait à chauffer, attention il doit être tiède surtout pas chaud bouillant !
Versez-y la levure, mélangez et laissez reposer pendant au moins 10 minutes en recouvrant d’un drap fin.

Nous pensions être prêts pour notre atterrissage à Madrid.

Nous avions géré le GROS déménagement, fait le tri, l’état des lieux de sortie, stocké dans différents endroits papiers et autres bazars, commandé sur Scoleo la liste des fournitures scolaire et même réussi à se faire livrer tout cela à Madrid sans avoir encore d’adresse. Oui nous sommes arrivées sans avoir trouvé de logement définitif, on ne pouvait pas tout faire parfaitement !

Direction l’appart hôtel à Salamanca, un quartier du centre de Madrid.

– Maman, c’est ici notre nouvelle maison ?
– NOOOOON, là c’est un hôtel appartement, c’est en attendant de trouver notre maison
– Donc si c’est encore les vacances pourquoi on va à l’école demain ?
– Car on n’est plus en vacances, on va vivre ici et découvrir Madrid
– Maman, Il y a une piscine à l’hotel ?
– …

 

Dans le batteur, car oui je ne vais pas me lancer dans une recette de brioche ou je vais devoir pétrir la pâte avec mes petits bras, non je ne suis pas de cette nature là … je n’ai tout simplement pas assez de force dans les bras pour cela, de plus j’ai une histoire à vous raconter !

Comme je le disais donc, dans le batteur, versez la farine, le sucre et les 2 œufs, mais attention les œufs ne doivent pas toucher le sucre. Donc mélanger d’abord le sucre et la farine puis incorporez-y les œufs. Versez ensuite le mélange lait et levure, tout doucement, au fur et à mesure puis passer en vitesse rapide.
À partir de maintenant vous allez incorporer le beurre en 3 fois, bien s’assurer à chaque étape que la pâte absorbe le beurre mis précédemment. Cette opération doit vous prendre 10 minutes en tout, il faut bien battre la pâte.

Elle ne doit pas coller aux doigts et doit légèrement se déchirer (c’est bon signe) quand vous allez la sortir du robot.

Versez votre pâte sur un plan de travail légèrement fariné et pétrissez cette fois à la main en rabattant les bords à chaque fois et tout en formant une boule. Placez cette boule dans un saladier fariné et recouvrez d’un linge très légèrement humidifié.

Laissez reposer au moins 2 heures (pour ma part je l’ai laissé la nuit entière) à chaleur ambiante. Attention la boule de pâte va quasiment doubler, voire tripler de volume, donc prévoyez un saladier assez grand.
En hiver, si votre cuisine est un peu fraiche, allumez votre four à 40° au début de la préparation, et mettez-y votre pâte à reposer en éteignant le four et la porte entre ouverte.

Vous allez commencer à sentir une bonne odeur de levure, une légère odeur de boulangerie, comme une Madeleine de Proust pour des français arrivant à Madrid !

Quand nous avons commencé nos recherches d’appartements, maisons, tous types de logements, nous pensions trouver vite, avoir le choix, avoir plus grand et moins cher qu’à Paris.
Nous faisions fausse route.

À pays différents, coutume différentes.

Nous n’avions pas compris tout de suite que les prix indiqués étaient un point de départ à la négociation, négociation qui bien sûr se fait en espagnol. Nous partions avec un certain désavantage. Rappelez-vous nous venons de Paris, IXème arrondissement et jamais jusque-là je n’avais pu ou cru possible de négocier le prix du loyer, négocier un rafraichissement ou juste demander des aménagements. Ici c’est possible et même courant.
Puis nous nous sommes vite aperçus mais surtout on nous a expliqué (en anglais) que 70 % des espagnols sont propriétaires, et donc le marché de la location n’est pas si gros et déjà bien occupés par les étrangers.

En résumé ce n’est pas si « peu cher » et il faut bien choisir son quartier … pas facile quand on est là que depuis 5 jours !

– Vous voulez un logement prêt de l’école des enfants ?
– Oui si possible pas trop loin, mais surtout nous souhaiterions une vie de quartier, ne pas avoir a prendre la voiture pour chaque déplacement
– Vous allez voir cette résidence à 5 mn de l’école va vous enchanter ! Elle est parfaite pour vous … vous venez d’arriver, vous ne connaissez personne et bien là vous serez entre vous, il n’y a que des français, ça deviendra vite votre deuxième famille vous verrez.
– Heu, je ne sais pas trop, je vais en parler à mon mari
– …

Finalement nous sommes resté 30 jours à l’appart hôtel, nous avons visités 42 appartements, maison ou tous autres type de location dans tout Madrid, pour signer le dernier appartement visité, tout en faisant certaines concessions.
Pas de chambre d’amis, pas plus grand qu’à Paris, mais avec un patio extérieur et surtout nous sommes dans le centre de Madrid, quartier Bellas Letras, Atocha.

Nous ne pouvions difficilement être plus loin de l’école de N°1 et N°2 ! Les concessions !

Nous avons aussi dû acheter une voiture, après plus de 15 ans sans voiture à Paris, nous sommes devenus les heureux propriétaires d’une voiture familiale de couleur noir.

Mais pour acheter une voiture, il nous fallait obtenir au préalable nos papiers de résidents espagnols, sans cela, pas d’appart, pas de voiture, pas de compte bancaire, pas grand-chose en fait !
Ce que nous n’avions pas mesurer avant de partir, c’est le nombre de démarche administrative qu’il faut effectuer en arrivant. Les papiers de résidents, numéro de sécurité social local, inscription médecin, carte de transports, ouverture d’un compte en banque, assurance etc. … sans oublier les enfants et leurs activités extra-scolaires, le tout dans une langue qui vous est étrangère.

Déjà qu’en temps normal le mois de septembre est dur à surmonter mais là ce fut une espèce d’apothéose !

Dans mon cas, mes nouvelles amies sont vite devenues Google Map et Google Translate.

Au début, c’est comme dans un jeu vidéo. Vous devez vous rendre d’un point A à un point B, vous avez une carte et un parcours. Vous mettez des étoiles sur votre carte Google Map pour les lieux stratégiques : école enfants, appart hôtel, Alcampo (Auchan local), club tennis, banque, ambassade de France et institut. L’inconvénient, c’est que la dame de Google parle beaucoup et tout le temps en donnant bien et très précisément le nom de chaque rue.
Elle finit par vous agacer, mais c’est aussi la seule personne à vous parler, alors vous commencez à la trouver sympathique surtout qu’elle vous parle !

Dans les épreuves, vous avez des discussions, demandez des infos, comment fonctionne les paramètres, inscrire les enfants à des activités, acheter de la viande ou du poisson hors emballage sous vide … C’est là que vous sortez votre deuxième meilleure amie, Google translate. Bien sûr, elle ne vous aide pas pour la prononciation, bien sûr elle n’aide en rien au conversation car le temps que vous écriviez ce que vous souhaitez dire et que vous arriviez à le prononcer vous risquez de perdre votre interlocuteur, mais sans elle je ne serais pas grand-chose aujourd’hui.

Ce qui fait que j’ai une pensée émue pour toute ces familles qui sont parties avant qu’internet n’existe, avant Google, avant le GPS, avant l’IPhone.

Votre pâte a plus que doublé de volume, elle est prête !

Enfariner légèrement votre plan de travail, mettez-y votre pâte pour bien la pétrir et la dégazer comme on dit chez les pros.
Préparer la garniture, mélanger le beurre fondu le sucre et la cannelle à la fourchette et placez la préparation au réfrigérateur.
Pour les plus gourmand, vous pouvez ajouter du chocolat en poudre à la préparation, pour une brioche au chocolat.

Étaler votre pâte en allant du centre vers les extrémités, retournez là souvent et enfariner pour éviter qu’elle ne colle. Cela peut prendre en peu de temps mais surtout faire cela délicatement, il ne faut pas la déchirer !
Quand vous obtenez un rectangle de 50 cm de long sur 40 cm de hauteur vous pouvez arrêter.
Répartissez la garniture à l’aide du dos d’une cuillère à soupe sur toute la pâte, là aussi prenez votre temps. Pour les gourmands, ajoutez les raisins secs et les pépites de chocolat de manière uniforme sur la pâte.

Rouler votre pâte en boudin, attention à ne pas déchirer la pâte toujours s’assurer de bien enfariner le plan de travail pour que celui-ci ne colle pas et s’enroule facilement. Découper votre boudin en 12 morceaux de 4 à 5 cm de large.
Placer du papier sulfurisée dans un moule rond à bord haut. Disposez vos morceaux en commençant par ceux autour de la paroi du moule, vous devez en placer 8, le reste (4 morceaux, les plus petits) au centre.
Veiller à laisser de l’espace entre chaque morceau, qu’ils ne se touchent pas entre eux.
Laisser reposer au chaud, recouvert d’un linge légèrement humide pendant au moins 2 heures.

Si vous préférez une brioche nature, rien de plus simple.

Après avoir dégazé votre pâte, découpez-là en 3 boules de 300 g environ chacune. Recoupez-les en 3 boules de 100 g chacune. Ce qui vous fait 9 boules de pâte de 100 g. Dans un moule rond avec du papier sulfurisé, placez 6 boules en commençant par le long de la paroi, sans qu’elles ne se touchent. Et 1 boule au centre.
Dans un moule à cake avec du papier sulfurisé, placez vos boules sans qu’elles se touchent.
Recouvrez d’un linge humidifié et laissez reposer 2 heures.

Avant de partir, tout le monde est très rassurant … tu verras les enfants en 3 mois ils sont bilingues et l’espagnol c’est facile.

Alors mes enfants en 5 mois ils ne sont pas bilingues.

N°1 à 9 ans se montre très impliqué, il pourrait parler à un mur, donc là il y va, parle facilement à toute personne qu’il croise, n’a pas peur de se tromper ou d’inventer des mots. Il adore sa nouvelle école et son équipe de foot.
Il est au pays de Griezmann, il est au paradis.

N°2 du haut de ses 5 ans, a beaucoup plus de mal, depuis le premier jour et encore très récemment

– Maman, pourquoi on est venu ici ?
– Maman, tu sais quand je serais grande je vivrais à Paris et si tu veux, tu pourras venir me voir !
– Maman, on rentre quand à Paris ?
– Maman, pourquoi les espagnols ils ne parlent pas français ?
– Maman, maman
– …

Le plus embêtant c’est qu’elle refuse de parler espagnol (pendant 1 mois et demi elle a appelé l’espagnol : anglais, mais maintenant elle a bien défini sa cible, c‘est bien clair). Donc elle ne participe pas en classe, ne va pas vers les enfants qui jouent en espagnol et recommence à taper ses camarades. J’essaye de ne pas trop y prêter attention tout en étant très contente qu’elle exprime aussi facilement son mal-être.

Du coup, elle a commencé le football, elles sont deux filles car ici le foot est mixte et elle trouve que Ronaldo est le plus beau !
Tout va bien en fait.

Votre pâte a gonflé, vos rouleaux se touchent tous à présent, votre brioche est prête à être enfourner dans un four à 170°C.

Avant cela, mélangez un jaune d’œuf avec du lait ou de l’eau et badigeonnez votre pâte de ce mélange.
Enfournez pendant 20 à 25 minutes. Pour vérifier la cuisson, passez un couteau sec au centre et si celui-ci ressort sec, c’est cuit, sinon poursuivez 5 mn.
Laissez refroidir avant de servir.

Pour ma part, après avoir trouvé notre nid douillet, j’ai fini de gérer les petits travaux du nouvel appartement et l’emménagement.

Mon plus gros problème maintenant reste d’apprendre à parler l’espagnol et pour parler il faut rencontrer des gens et pour rencontrer des gens, je vous raconterai mes différents stratagèmes dans le prochain post.

Car là il est temps de déguster la brioche !

Pour l’anecdote, je n’avais jamais fait de brioche à Paris, je m’y suis mise ici car la boulangerie française nous manque un peu …

Cette entrée a été publiée le 25 janvier 2017 à 12 h 34 min. Elle est classée dans A table !, Madrid, Trying to Cook et taguée , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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