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I had lunch at « Brasserie Barbès », the pioneer spirit of Paris

Vous avez déjà tout lu et tout entendu sur la nouvelle Brasserie Barbès, mais peut-être pas le plus sulfureux ! Bon d’accord, je cède au titre choc… j’ai déjeuné à la brasserie Barbés sans aller au WC et je vous raconte tout.

Nous habitons Pigalle depuis plus de 10 ans, et j’ai parfois l’impression d’être l’une des premières « colon de la ruée vers l’or immobilier » quand je lis les magazines et presse nationalle (tout en étant qu’une locataire).
D’être un acteur de la gentrification en plus d’être une ancienne bobo, nouvelle Hipster et Néo-trucmuche et ce n’est pas un compliment quand on regarde la définition dans Wikipédia !
Gentrification :  (anglicisme créé à partir de gentry, « petite noblesse »), ou embourgeoisement urbain, est un phénomène urbain par lequel des arrivants plus aisés s’approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d’une couche sociale supérieure.

Maintenant je vais vous donner ma définition.

Quand nous avons emménagé en couple de jeunes actifs nous avons trouvé notre nid, dans le quartier que nous appellerons plus tard South Pigalle.
Pourquoi ce quartier ? Nous n’avions pas trouvé à la Fourche notre ancien quartier, c’était moins cher que Montmartre, qui se situe du « bon côté » de la place Pigalle, et nous n’avions pas les moyens de vivre aux Batignolles.
Il y a 10 ans, vivre à South-Pigalle, il fallait savoir expliquer à votre enfant pourquoi les dames sont toutes nues. Savoir que le Square Place Adolphe Max, le samedi matin est infréquentable car il sert de salle de dégrisement. Repérer le groupe là-bas shooté au crack, ben il faut les éviter et aussi qu’il peut être difficile de dormir les fenêtres ouvertes du jeudi au dimanche soir. Mais nous avions eu là aussi un vrai coup de coeur pour ce quartier.
À l’époque, nos voisins étaient les mêmes qu’à La Fourche mais nous croisions aussi beaucoup plus de jeunes de notre âge, ayant choisi aussi d’habiter là pour les mêmes raisons économiques et géographiques, car oui disons-le, South Pigalle est ce que l’on appelle un quartier central et donc pratique même si ingarable.
Les nouveaux arrivants que nous étions avons commencé à nous croiser à la crèche, dans les différents squares, nous avons commencé a envahir les terrasses des cafés, et nous nous sommes multipliés et démultipliés au même rythme que le prix du mètre carré montait.

Est-ce que j’ai été contente de voir arriver des magasins bio, à la place d’un local vide depuis des années et ne plus avoir à alimenter les caisses du marché bio des Batignolles ? Oui.
Est-ce mal d’être contente de pouvoir trouver à deux pas de chez moi des commerçants me permettant de ne pas courir à droite à gauche ou porter mes courses sur 1 kilomètre ?
Est-ce si mal de vouloir mieux manger, mieux consommer, mieux vivre dans le quartier dans lequel nous nous sommes installés et où nous souhaitons élever nos enfants ?
Est-ce mal de vouloir arrêter de manger des sushis congelés, du chinois avarié, d’arrêter de dépenser une fortune à l’épicerie du coin, car rentrée trop tard et que l’on n’a pas eu le temps de faire des courses au supermarché du coin ?
Est-ce que les anciens propriétaires de ces boutiques ou appartements n’ont pas eux aussi profité de ce changement de voisinage pour vendre beaucoup plus cher leur bien ?

Apparemment, Oui, quand je lis les critiques sur l’ouverture de la brasserie Barbès.

Honnêtement, je ne vais pas vous mentir, je vais rarement à Barbès.

À l’époque, arpenter le trottoir au croisement des boulevards de Barbès et de La Chapelle s’avérait « particulier ». De grands bacs rouges dans lesquels étaient entassées des étoffes de bric et de broc empiétant sur le passage. Autour, se massait une foule cosmopolite accompagnée de petits groupes de vendeurs à la sauvette disposés tous les mètres.
Les seules raisons qui m’y ont emmenée sont Tati, Darty et les magasins de tissus, de ventes de fringues au kilo, le tout en journée exclusivement. Oui j’ai toujours évité Barbès passée une certaine heure, si je ne suis pas accompagnée, et si je ne suis pas en pantalon. Oui je l’avoue ne m’être jamais sentie en totale confiance, ne pas apprécier d’être interpellée sans cesse, sifflée, taxée, matée.

Quatre ans plus tôt, Vano, qui vendait des rideaux et du tissu, est parti en fumée. Vano était à l’image du quartier alentour : bon marché et bordélique et je n’y étais jamais allée. J’ai souvent fréquenté le marché Saint-Pierre, mais Vano jamais.
Quatre ans c’est long, il était temps que les choses changent.
Il faut rappeler que ce nouveau lieu aurait pu être un « KFC » si la Mairie de Paris n’avait pas soutenu et encouragé ce projet, là où s’éteignait il y a plus de trente-cinq ans le dernier débit de boissons du quartier.

J’arrive et je découvre un paquebot de 3 étages, d’un blanc immaculé avec de grandes vitres, rappelant les verrières des ateliers parisiens. Nous sommes en face du Louxor, lui aussi tout beau, tout propre.
Alors j’ai lu que ce blanc gênait certains et qu’il pouvait être perçu comme un signe ostentatoire. En même temps, le bâtiment est neuf et c’est quand même mieux que les cendres de Vano !
Premier constat, les vendeurs à la sauvette se trouvent plus haut et il y a beaucoup plus de policiers qu’à l’accoutumée.

Une hôtesse m’accueille et je prends une table en bas. Je m’assois et j’observe.

Une politique de prix identique aux autres lieux de même calibre situés à quelques rues de là, vers la rue de Trudaine ou rue de Rochechouart.
Pas de quoi crier au loup !

Donc j’y vais, m’attendant à ne voir que des brochettes de hipster de la gentrification parisienne, des gens comme moi, donc.
Surprise, pas trop de barbus branchés mais plutôt une clientèle variée, mamie du quartier, commercial en déjeuner d’affaires, touristes, employé du quartier en pause déjeuner, couple avec poussette… Quoi la presse m’aurait mentie et mis dans des cases comme ça gratuitement !
Les deux patrons ont un pedigree déjà long comme le bras, le Mansart, Floreal, Chez Jeannette… Ils poursuivent donc avec l’ouverture de la Brasserie Barbès, leur mission de « new bougnats » en installant, une vraie brasserie, à l’ancienne : un lieu où on mange, boit et danse avec bien sûr une promesse d’ingrédients de qualité.

Passé le seuil en marbre vert, le bar et les plantes vertes qui agitent leurs palmes au rythme des ventilo, je m’installe à une table, regarde la carte, je suis prête.
Je commande un Pain Bagnat, Thon snacké : Tomates, févettes, radis, poivrons verts, oignons, cébette & basilic, olives noires, anchois, oeuf dur, frisée aux pommes sautées.

Mais surtout je change d’avis et décide de m’installer en terrasse, suis-je bête, je suis quand même venu pour cela, voir la terrasse de la Brasserie Barbès, celle que je vois en métro.

Le décor se veut simple comme une brasserie mais sans les dorures dans un style beaucoup plus industriel avec un coté pub anglais assez prononcé.

Quel bonheur inédit de regarder passer le métro aérien à travers les immenses vitres ou dans le patio dont le toit se rétracte au moindre rayon de soleil, et où on peut fumer !
Et bientôt, l’ouverture d’un rooftop, les transat sont prêts, venant couronner le tout… Bref, ça vit, c’est pas snob, c’est parisien, et c’est bien.

Mon assiette et jus pressé arrivent.
Déjà on note que les équipes ne font pas un défilé de mannequins et qu’ils sont agréables, rapides et souriants.

Le jus est parfait et il tombe bien car il fait très chaud aujourd’hui à Paris.

Première déception et pas des moindres ! Mon Pain Bagnat
Sur la carte était indiqué, tomates, févettes, radis, poivrons verts, oignons, cébette & basilic, olives noires, anchois, oeuf dur, frisée aux pommes sautées et bien sûr la pièce maitresse un Thon snacké.
Déjà cela fait très longtemps que je n’ai pas mangé de thon frais, pour des raisons logique de protection et gestion des pêches. Maintenant que nous pouvons de nouveau savourer cette chair, de manière raisonnable, j’attends une cuisson parfaite, c’est à dire rosé à coeur, tendre.
Dans mon assiette il est trop cuit, donc sec et filandreux.

Deuxième déception le pain de mon plat !
Pour moi un Pain Bagnat, ce n’est surtout pas un buns à burger, un buns brioché et cuit comme un burger !

Un début de polémique a commencé à propos des tarifs. Ils seraient scandaleusement élevés pour le quartier…

Certes un café à 2.40€ et un demi à 4.50€ font flambeur face aux soldes de chez Tati, mais c’est malheureusement les prix pratiqués dans Paris.Les tarifs sont donc ceux de Paris, ni plus ni moins, et la clientèle, plutôt « grand public ».
On en parle du prix des cafés dans une chaîne comme Starbucks ?
Mon Pain Bagnat coûte 13 euros, ce qui est même moins cher que certains burgers.

Malgré tout il fait chaud en terrasse et ce sont les places à l’ombre qui sont prises d’assaut. Je rentre prendre un café. Là c’est ambiance gigogne télescope cheminée flambante, sofa, moquette épaisse, loupiotes années 1930, parquet et comptoir.

Je pense y revenir pour le cadre, y prendre un café et bosser en regardant passer le métro, mais je ne prendrai plus le Pain Bagnat, ce qui est au final ma plus grosse déception.

Je file en constatant que la vie de Barbès continue avec vendeurs de clopes, trottoirs débordants, klaxons, flics et magasins de sapes.
Et moi ça me fait du bien de retrouver tout ceci après un déjeuner au calme.

C’est pour cela que j’aime Paris, pour sa diversité, ce mélange, ces changements qui font que finalement j’ai déjeuné à Barbès, ce qui ne m’était jamais arrivé.

Vous aussi vous aimez la Brasserie Barbès ?
Vous aimez le vrai Pain Bagnat ?

Restaurant Brasserie Barbès
2, boulevard Barbès – 75018 Paris
www.brasseriebarbes.com

Cette entrée a été publiée le 22 juin 2015 à 7 h 00 min. Elle est classée dans A table !, SOPI - South Pigalle et taguée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

2 réflexions sur “I had lunch at « Brasserie Barbès », the pioneer spirit of Paris

  1. Le , Sophie Ravier a dit:

    ma cherie j’adore cet article !! 🙂 love xxx

  2. Oui! L’esprit pionnier de Paris existe.. à Barbès! « J’ai déjeuné à la brasserie Barbés sans aller au WC et je vous raconte tout. » Merci @mumisnotcooking 😉

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